Le commissaire en chef du Capc guide samedi 31 octobre la visite de Blackground, exposition sur l'esclavage colonial
Au Capc, la visite du 31 octobre revient sur l'exposition qui réunit près de cinquante artistes sur l'héritage de l'esclavage, jusqu'au 28 mars 2027.

Les piliers de pierre de l'Entrepôt Lainé, bâti pour stocker des denrées coloniales, abritent depuis le 11 juin 2026 « Blackground : murmures des mornes ». Samedi 31 octobre, de 15 h à 16 h, Cédric Fauq, co-commissaire de l'exposition et commissaire en chef du Capc, la fera visiter au public.
Une visite pour comprendre la conception du projet
Selon le Capc, il reviendra sur la conception de l'exposition et sur les réflexions menées avec la co-commissaire Salma Mochtari autour des survivances contemporaines de l'esclavage colonial. La visite coûte 5 euros, en plus du billet d'entrée. Les entrées sont à 8 euros, 4,50 euros en tarif réduit et 2 euros pour les étudiants. La réservation se fait en ligne.
Des visites avec une médiatrice suivent les samedis suivants : le 7 novembre à 15 h, puis le 14 novembre à 16 h 30. D'autres séances à 16 h 30 sont programmées les samedis jusqu'au 9 janvier 2027, au même tarif de 5 euros plus l'entrée.
Une cinquantaine d'artistes, jusqu'au 28 mars 2027
L'exposition, visible jusqu'au 28 mars 2027, réunit près de cinquante artistes, en majorité issus des diasporas afrodescendantes ultramarines. Elle s'étend à cinq lieux partenaires bordelais : le Frac MÉCA, le Musée d'Aquitaine, la Bibliothèque Mériadeck, Zébra3 et les Archives Bordeaux Métropole.
Chaque lieu a son angle. Le Capc interroge la plantation et le monument. Le Frac MÉCA part de la vue sur la Garonne pour réfléchir à l'eau. À Mériadeck, les écrits de Maryse Condé, Angela Davis et Suzanne Roussi-Césaire servent de point de départ à une réflexion sur la langue. Au Musée d'Aquitaine, des œuvres s'infiltrent dans le parcours permanent.
Simon Gabourg, du caoutchouc à Bordeaux
Le projet de l'artiste Simon Gabourg s'inscrit dans cet ensemble, en deux volets. Le premier, « Papi, dis-moi pourquoi les arbres pleurent ? », est présenté à la Fabrique Pola, 10 quai de Brazza, jusqu'au 22 novembre. L'entrée est gratuite, du jeudi au dimanche de 14 h à 19 h. Le second volet ouvre aux Archives Bordeaux Métropole avec un vernissage le 10 décembre 2026 à 19 h, entrée gratuite.
L'artiste est né en Guadeloupe. Il est parti de l'histoire de l'un de ses grands-pères, qui a quitté la Martinique en 1950 pour le Vietnam, sous l'égide de l'armée française pendant la guerre d'Indochine. Son métier de conducteur l'a mené, par le pneu, jusqu'à l'hévéa, l'arbre dont le latex donne le caoutchouc. Cet arbre était cultivé dans des plantations qui servaient notamment des entreprises françaises comme Michelin, rappelle Cédric Fauq.
Le commissaire souligne aussi que le port de Bordeaux a joué un rôle historique dans l'importation du caoutchouc en France, notamment dans la première moitié du XXe siècle. Pour lui, le projet de Simon Gabourg trace un triangle entre les Antilles, Bordeaux et le Vietnam, qui « vient complexifier et brouiller » les routes habituellement racontées pour ces territoires.
Le Capc accueille par ailleurs, le 12 novembre, « Quoi qu'il en soit », de Fanny de Chaillé et Thomas Hirschhorn.
Sources
- CAPC Musée d'Art Contemporain · Hors les murs : vernissage de l'exposition de Simon Gabourg aux Archives Bordeaux Métropole
- CAPC Musée d'Art Contemporain · Visite commissaire de "Blackground : murmures des mornes" avec Cédric Fauq
- CAPC Musée d'Art Contemporain · Visite de "Blackground : murmures des mornes"
- CAPC Musée d'Art Contemporain · Visite de "Blackground : murmures des mornes"
- Zébra3 · Exposition Simon Gabourg
- Zébra3 · Blackground : Murmures des Mornes
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