Un commissariat, une banque, une école, autant de cours que Banzaï Lab occupe l'été
Depuis 2018, le label bordelais installe son festival d'été dans une cour différente chaque année, toujours à prix libre. En juillet dernier, il en a ouvert un second au bord de la Garonne.

Il y a une manière bordelaise de faire un festival sans terrain : emprunter une cour. Banzaï Lab la pratique depuis 2018, et l'adresse change presque chaque été.
Une adresse par été
Le premier rendez-vous s'est tenu les trois derniers week-ends de juillet 2018 à Républic, dans la cour de l'ancien commissariat Castéja, 87 rue Abbé de l'Épée. Le programme annonçait des concerts, un concours de baby-foot, des quiz musicaux et un brunch le dimanche. Entrée à prix libre.
En 2024, la septième édition s'installe sur le parvis d'une ancienne usine de sucre, à la Cité Bleue, 176 rue Achard, face à l'arrêt de tramway New York : plein air, prix libre, deux week-ends, food trucks et bar, « family friendly ».
En 2025, la huitième prend la cour intérieure de l'université, place de la Victoire, les 11, 12, 18 et 19 juillet, de 17 heures à minuit. Le label parle d'« oasis au cœur de Bordeaux » et, plus drôlement, de « République Indépendante du Banzaï Land ». Un ancien commissariat, une banque, une école, une université : la liste des lieux traversés est devenue un argument de communication à part entière.
Ce n'est pas seulement une image. Occuper une cour pour quatre soirées suppose une convention temporaire, une jauge, un voisinage à ménager et une programmation calée sur des horaires qui s'arrêtent à minuit. C'est un modèle léger, mais c'est un modèle qui se renégocie chaque année, et rien ne garantit l'adresse suivante.
Un second festival, sur la rive droite
Les 10 et 11 juillet 2026, la structure a lancé un rendez-vous supplémentaire, Bien Sage Festival, quai Deschamps, au bord de la Garonne , deux soirées de 18 heures à minuit, là encore à prix libre. L'angle est plus étroit que celui de Banzaï Land : le sound system et le dub, revendiqués comme « contre-culture » née à Kingston à la fin des années 1960.
L'affiche s'appuyait d'abord sur des forces locales. Le vendredi, le collectif bordelais Wandem, dont les soirées Bordeaux Dub School font référence, précédait un set « 100 % jungle » de Senbeï , producteur maison du label, par ailleurs moitié de Smokey Joe & The Kid et de Rogue Monsters , puis la productrice reggae-dub Supa Mana. Le samedi réunissait O.B.F, pilier du dub steppa, et la première rencontre sur scène de Feldub et Gary Clunk, deux habitués des scènes bordelaises depuis bientôt vingt ans.
Le label derrière les cours
Banzaï Lab se présente comme label indépendant, producteur de spectacles et développeur d'artistes. Son catalogue penche vers les musiques électroniques et le hip-hop : Senbeï, Al'Tarba, Jean du Voyage, ProleteR, Kill Emil, Bloom Bat, ou encore le beatmaker bordelais Nezoak et la chanteuse Blue Jay, signée fin 2024 pour le label et l'édition.
Détail pour finir, qui dit quelque chose de la taille de cette scène : la cour de l'ancien commissariat Castéja se trouve au 87 rue Abbé de l'Épée. Dix-sept numéros plus bas, au 70, Vicious Circle édite des disques depuis 1993.
Sources
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